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Aujourd’hui, nous jouons à “1, 2, 3 Soleil” ! Mais pour vos données et documents. Donc ce sera plutôt : “3-2-1 Sauvegarde” !
Imaginez : vous prenez votre téléphone pour montrer des photos de vacances à un ami, et l’écran reste noir. Définitivement. Ou bien votre ordinateur portable tombe de la table et ne redémarre plus. Ou encore, un rançongiciel chiffre tous vos fichiers et vous demande 2 000 euros pour les récupérer.
Dans chacun de ces cas, la question est la même : avez-vous une sauvegarde ?
Si la réponse est oui, c’est un désagrément. Si la réponse est non, c’est une catastrophe. Dix ans de photos de famille, vos documents administratifs, vos souvenirs : tout s’envole en un instant. Et contrairement à un cambriolage, il n’y a pas d’assurance qui vous rendra vos fichiers.
La règle du 3-2-1 : simple et efficace
Les professionnels de l’informatique utilisent depuis des années une règle toute simple pour organiser leurs sauvegardes. Elle tient en trois chiffres : 3-2-1.
- 3 copies de vos données
- Sur 2 supports différents
- Dont 1 hors site (dans un endroit physiquement différent)
C’est tout. Pas besoin d’être ingénieur pour l’appliquer. Voyons ce que ça donne concrètement.
3 copies : la redondance, votre alliée
L’idée, c’est qu’une seule copie ne suffit jamais. Un disque dur peut tomber en panne. Un téléphone peut être volé. Un service en ligne peut fermer. En ayant trois copies, vous vous assurez que même si deux supports lâchent en même temps (ce qui est déjà très improbable), il vous reste toujours une copie.
C’est le même principe que les clés de votre maison : vous en avez probablement une sur vous, une chez un proche, et peut-être une cachée quelque part. Si vous en perdez une, vous n’êtes pas enfermé dehors.
2 supports différents : ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier
Si vous avez trois copies sur trois clés USB posées sur votre bureau, un seul accident (un verre d’eau renversé, un vol, un incendie) peut tout détruire. L’idée est d’utiliser des supports de nature différente : par exemple, votre ordinateur + un disque dur externe + un service cloud. Ou votre téléphone + une clé USB + un NAS.
1 copie hors site : la protection ultime
C’est le point souvent oublié, et pourtant le plus important. Si toutes vos copies sont au même endroit (votre domicile), un incendie, une inondation ou un cambriolage peut tout emporter d’un coup.
Une copie “hors site”, c’est une copie qui se trouve physiquement ailleurs :
- Chez un proche de confiance
- Dans un coffre-fort à la banque (pour les plus précautionneux)
- Dans le cloud (Google Drive, iCloud, OneDrive…)
Le cloud est la solution la plus simple pour le “hors site” : vos données sont stockées dans des centres de données sécurisés, loin de chez vous, et accessibles depuis n’importe où.
Les solutions concrètes pour les particuliers
Bon, la théorie c’est bien, mais concrètement, on fait comment ? Voici les principales options, de la plus simple à la plus avancée.
Le disque dur externe ou la clé USB
C’est la solution la plus accessible :
- Avantages : pas cher (un disque dur externe de 1 To coûte entre 40 et 60 euros), pas d’abonnement, vos données restent chez vous.
- Inconvénients : il faut penser à le faire. Régulièrement. Et c’est là que ça coince. La plupart des gens achètent un disque dur externe, font une sauvegarde une fois… et ne le rebranchent plus jamais.
Le bon réflexe : programmez un rappel mensuel dans votre agenda pour brancher votre disque et lancer une sauvegarde. Sous Windows, l’outil “Historique des fichiers” permet d’automatiser le processus dès que le disque est branché. Sur Mac, Time Machine fait la même chose.
Point important : une fois la sauvegarde terminée, débranchez le disque. Un rançongiciel peut chiffrer aussi les disques connectés à votre ordinateur. Un disque rangé dans un tiroir est à l’abri.
Le cloud : Google Drive, iCloud, OneDrive
Les services de stockage en ligne sont la solution la plus pratique :
- Avantages : c’est automatique (une fois configuré, vos fichiers se synchronisent tout seuls), c’est accessible depuis tous vos appareils, et c’est une copie hors site par nature.
- Inconvénients : vous confiez vos données à une entreprise tierce, l’espace gratuit est limité (15 Go pour Google, 5 Go pour iCloud et OneDrive), et au-delà il faut un abonnement (environ 2 à 3 euros par mois pour 100-200 Go).
Quelques options populaires :
- Google Drive (Google One) : 15 Go gratuits, 100 Go pour environ 2 euros/mois
- iCloud (Apple) : 5 Go gratuits, 50 Go pour 1 euro/mois
- OneDrive (Microsoft) : 5 Go gratuits, 100 Go pour environ 2 euros/mois
Pour les photos du téléphone, pensez à activer la sauvegarde automatique dans Google Photos (Android) ou iCloud Photos (iPhone). C’est souvent le contenu le plus irremplaçable qu’on possède.
Le NAS : pour les plus motivés
Un NAS (Network Attached Storage), c’est un petit boîtier que vous installez chez vous et qui contient un ou plusieurs disques durs. C’est en quelque sorte votre cloud personnel.
- Avantages : grande capacité de stockage, pas d’abonnement mensuel, vos données restent chez vous, certains modèles permettent l’accès à distance.
- Inconvénients : investissement initial plus élevé (150 à 400 euros pour un boîtier d’entrée de gamme + les disques), nécessite un minimum de configuration.
Les marques les plus connues pour les particuliers sont Synology et QNAP. Leurs interfaces sont devenues assez accessibles, et elles proposent des applications de sauvegarde automatique pour ordinateur et téléphone.
Attention cependant : un NAS chez vous ne constitue pas une copie “hors site”. Il protège contre la panne d’un appareil, mais pas contre un incendie ou un cambriolage. L’idéal est de combiner NAS + cloud, ou NAS + sauvegarde chez un proche.
L’avantage des NAS repose aussi sur les types de service qu’ils proposent : vous pourrez simplement le transformer en serveur multimédia. Vous y connectez par exemple la télé, pour faire défiler vos photos de vacances, regarder des films téléchargés (en toute légalité bien sûr) ou écouter la musique.
Les erreurs à éviter
Quelques pièges classiques qui rendent vos sauvegardes inutiles le jour où vous en avez besoin.
- Ne jamais tester ses sauvegardes
Vous faites des sauvegardes depuis des mois, et le jour J, impossible de restaurer les fichiers. Testez de temps en temps : essayez d’ouvrir un fichier depuis votre sauvegarde pour vérifier que tout fonctionne.
- Garder toutes les copies au même endroit
Trois disques durs dans le même tiroir ne vous protègent pas contre un incendie ou un vol. Rappelez-vous le “1” de la règle 3-2-1.
- Ne sauvegarder que le PC
Votre téléphone contient probablement des données tout aussi précieuses (photos, contacts, messages, applications bancaires…). Pensez à le sauvegarder aussi.
- Sauvegarder sur le même disque que les données originales
Copier vos photos dans un autre dossier du même disque dur, ce n’est pas une sauvegarde. Si le disque tombe en panne, tout part avec.
- Compter uniquement sur la synchronisation cloud
Attention, synchronisation et sauvegarde, ce n’est pas la même chose. Si vous supprimez un fichier sur votre ordinateur, la synchronisation le supprimera aussi dans le cloud. Une vraie sauvegarde conserve les anciennes versions.
Par où commencer ?
Si vous partez de zéro, voici un plan simple :
- Activez la sauvegarde automatique de vos photos sur votre téléphone (Google Photos ou iCloud). C’est gratuit jusqu’à une certaine limite et ça prend 2 minutes.
- Achetez un disque dur externe et faites une première sauvegarde complète de votre ordinateur. Rangez-le ensuite dans un endroit sûr.
- Choisissez un service cloud pour vos documents importants. Même la version gratuite suffit pour les fichiers essentiels.
- Programmez un rappel mensuel pour mettre à jour votre sauvegarde sur disque dur externe.
Ce n’est pas parfait, ce n’est pas la règle 3-2-1 appliquée à la lettre, mais c’est déjà infiniment mieux que rien.
Encart publicitaire : Synology
Non, je plaisante ! Je vais vous parler de ce que j’utilise personnellement et ce n’est absolument pas sponsorisé (mais si la marque veut me rémunérer pour cette pub, je prends).
Donc j’utilise un NAS Synology, étant geek et dans l’informatique, j’ai boosté un peu la configuration. Il s’agit d’un DS920+, avec 4 disques durs de 1.8 To et paramétrés avec RAID 6, un système qui permet de gérer la défaillance d’un des disques voire deux.
RAID : pour la tolérance aux pannes
Ce n’est pas négligeable : sur un ancien NAS, j’ai eu des cas de disques qui décident de lâcher, sans raison apparence. Ça s’use, donc ça peut tomber en panne. Avec un système RAID 5 ou 6, on peut gérer un disque mort en le remplaçant tout simplement. Le système va reconstruire les données avec le nouveau disque et il n’y aura pas de perte. Cela a un prix : 4 x 1.8 To = 7.2 To de capacité totale théorique, mais avec les systèmes de sécurité de RAID, je ne pourrais en utiliser que 3.6 To. Donc je perds finalement la moitié du stockage pour une grande tranquillité d’esprit.
Hyper Backup
Le système Synology s’appelle DSM et offre une interface graphique Web et des applications mobiles (je ne recommande pas les versions mobiles, bien trop limitée). Via l’interface graphique, vous avez une bibliothèque d’applications que vous pouvez choisir d’installer ou non. Différents utilisateurs, de la gestion des multimédias pour diffuser vos films sur la télé à la sécurité, en passant par la productivité. Et bien sûr, les sauvegardes. Vous pouvez même transformer vos NAS Synology en enregistreur de vidéosurveillance.
Vu le sujet de l’article, on va se concentrer sur les sauvegardes et l’outil de Synology : Hyper Backup. Les possibilités de sauvegardes vont dépendre de ce que vous souhaitez sauvegarder : juste les fichiers et documents ou ajouter la configuration du NAS lui-même.
Synology propose son propre service Cloud pour le stockage : Synology C2. Les prix sont abordables et ce doit être assez simple d’utilisation. Pour ma part, c’est un peu plus technique, mais j’ai choisi d’héberger le stockage sur Scaleway.
Avec l’outil d’Hyper Backup, vous allez pouvoir :
- Définir ce que vous souhaitez sauvegarder ;
- Faire en sorte qu’elle se fasse automatiquement de manière régulière (genre, 1 fois par semaine) ;
- Faire un contrôle d’intégrité des sauvegardes tout aussi régulièrement ;
- Et si besoin, effectuer la restauration (à quoi bon sauvegarder si on perd tout).
À noter que les sauvegardes ne seront pas une copie pure de vos données : vous ne pourrez pas aller consulter les fichiers comme sur votre NAS, ce n’est pas fait pour. Et si vous utilisez Hyper Backup pour sauvegarder, il vous faudra Hyper Backup pour restaurer.
Conclusion
Sauvegarder ses données, c’est un peu comme attacher sa ceinture en voiture : on espère ne jamais en avoir besoin, mais le jour où ça arrive, on est bien content de l’avoir fait.
La règle du 3-2-1 est votre guide :
- 3 copies de vos données
- Sur 2 supports différents
- Dont 1 hors site
Les solutions existent pour tous les budgets et tous les niveaux techniques. L’essentiel, c’est de commencer. Même une seule sauvegarde sur un disque dur externe, c’est mieux que zéro. Et si vous avez lu notre article sur les rançongiciels, vous savez que c’est justement la sauvegarde qui transforme une catastrophe en simple désagrément.
Alors, quand est-ce que vous faites votre prochaine sauvegarde ?
